22 février 2010

Plus vite, plus haut, plus fort

Voilà 10 jours que Vancouver s'est transformé en crazy city, 10 jours que des milliers d'athlètes essaient d'aller plus vite, plus loin et plus haut, 10 jours qu'on ne parle plus que des Jeux évidemment. En ville, on porte les couleurs de sa nation et on fait la queue pour tout et ce pour plusieurs heures. Les pavillons/maisons des pays sont prises d'assaut avec des queues de 1 à 2 heures pour entrer. A la maison suisse aussi la fondue ou les macaroni du chalet se méritent... en heure d'attente !
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La maison suisse

Pour notre part, l'expérience olympique à débuté avant l'heure avec la répétition générale de la cérémonie d'ouverture. Spectacle magnifique, même si on a eu droit à une heure de défilé des athlètes, mais sans les athlètes...

Le prochain rendez-vous était à Cypress Mountain pour le boardercross féminin et on a bien failli ne pas y aller car 4000 billets debout ont été annulés à la dernière minute (dont les nôtres...) en raison du terrain trop humide. Heureusement après quelques heures scotché derrière nos ordi, on a trouvé un revendeur hônnete de places dans les gradins. C'est sous une pluie à boire debout qu'on quitte Vancouver de bon matin (6h!) car on doit être sur le site de compétition 2-3 heures avant l'évènement. Arrivé à Cypress, la pluie se calme, mais le brouillard est à couper au couteau. Le départ sera repoussé de 2 heures, le temps de repèrer les autres supporters suisses dont ceux avec un accent bien familier venus encourager Melie et Olivia (de la Tchaux bien entendu !)


Quelques heures avant le départ, on peine même à voir l'écran géant...

La journée est forte en émotions. Le fait d'être sur place, de connaîtres deux athlètes et de vibrer aux côtés des supporters directs de Melie (sa famille, sa coach mental, son osteo,...) déculpe la joie et... la décéption aussi. Après 3 runs magnifiques avec de loin le plus beau style, c'est le hic, la fraction de seconde qui ruine le rêve olympique d'un athlète. L'ambiance baisse d'un ton dans le fan's club..., mais on continue de sautiller Olivia est en finale et à l'arrache gagne sa médaille ! Mais, on les aurait tellement vu les deux en finale... En ce qui concerne la championne olympique (puisqu'on s'est quand même fait aussi un petit drapeau canadien sur une des joues...), elle habite à North Vancouver.

Melie avant la compétition et sur le dernier jump de folie (au moins 3 mètres de haut !)


Ensuite direction la Canada Hockey Place pour encourager l'équipe de Suisse jouant contre la Norvège. Après un super macht contre le Canada (on aurait bien voulu leur clouer le bec, mais tant pis), le match contre la Norvège fut bien difficile. Victoire en prolongation et la suite demain à midi contre la Biélorussie. Grâce à un de ces collègues Yvan va les encourager et voir peut-être enfin les Suisses aller en quart de finale !

Canada Hockey place

Encore 6 jours de folie et puis il sera temps qu'on se repose nous aussi. Les Jeux, ça fatigue entre TV, concerts, et autres "party" en ville ou à la maison, il est bien difficile de se lever pour aller bosser ces derniers matins...
Et pendant qu'ils essaient d'aller encore plus haut, plus loin et plus vite, il y en a un qui a misé sur le PLUS TÔT !



Pour plus de photos des JO, cliquez sur le lien en haut à droite du blog (les coulisses des jeux).

28 janvier 2010

JO-15...


J-15... On est cette fois-ci bel et bien en mode "olympique". Non pas qu'on en parlait pas avant, mais là c'est l'accélération, le sprint final. Les chapiteaux et autres écrans géants se dressent un peu partout en ville, certaines rues et routes (et même montagnes) ferment. Tout le monde se demande comment se déplacer à Vancouver durant le prochain mois, certaines écoles et Universités ne se posent même pas la question, elles ferment leurs portes pour les 2 semaines des Jeux !


Whistler : Ski alpin, bob, luge, skeleton.

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A deux semaines du but, même les plus réfractaires retrouvent la motivation et la fierté d'accueillir les Jeux, mais il y en a eu des polémiques ces 6 derniers mois... Et oui la machinerie Olympique n'est pas que "Amour du sport et rassemblement des Peuples", on a pu guigner un peu à l'envers du décors et voir qu'une telle organisation ne fait évidement pas toujours l'unanimité des gens sur place (en fait oui, mais certains rigolos aimeraient accueillir 500.000 visiteurs et avoir des caméra du monde entier braquées sur leur région sans changer leur petites vie d'un brin...). Évidement, le transport va être un problème ou même un enfer paraît-il (sécurité oblige...), évidement les millions dépensés peuvent paraître... disproportionnés, évidement c'est un gros business et le fric investis et attendu en retour gâche un peu l'esprit des Jeux... C'est clair qu'on s'en rend moins compte derrière sa télé en regardant des JO à l'autre bout du monde que quand on est sur place. Sur place, on peut voir que des gens se sont fait (ou ont risqué de se faire) virer de leur appart car des proprio essaient de sous-louer leurs biens durant les JO: 10 000 à 20 000 $ les 2 semaines! Le prix moyen d'un nuit à Vancouver ou à Whistler durant les Jeux est à plus de 300$ par personne. Les prix au resto prennent l'ascenseur. Les billets pour les Jeux ont commencé à se vendre une année et demi à l'avance (par phase), il a fallu être extrêmement chanceux ou avoir un porte monnaie bien rempli pour en obtenir. Non, ce n'est pas complétement vrai, il y avait bien des billets à moins de 100$ pour voir le curling ou certaines courses de ski de fond. Mais ce qui fait le plus rêver (ski, patinage, cérémonie d'ouverture) se vendaient entre 250 et 1000 $. Maintenant, il se vendent au marché noir, environ 4x plus cher... Il y toujours une annonce pour une loge pour la finale de hockey à 27 000$, avis aux amateurs ! Mais même si vous avez un compte en banque bien rempli, le tout est d'avoir une carte VISA, sponsoring oblige, impossible d'acheter la moindre chose liée au JO sans cash ou VISA... quand à boire autre chose que du coca sur un site olympique, ça va être difficile aussi. Le monopole des sponsors devient ridicule par ici.

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Callagan valley : Ski de fond, biathlon et saut à ski


Pour notre part, on est ready, on a visité quasi tous les sites olympiques, du ski de fond dans la magnifique Callagan valley au patinage de vitesse sur l'anneau de Richmond (on n'a pas rigolé sur ces patins à longue lames plates, on avait l'air de vrais débutants). On a été assez chanceux et on a nos billets en poche (boardercross, match de hockey et cérémonie de remise de médaille) de Lambiel. On est prêt à fêter les médaille suisses à la "house of Switzerland" non loin de chez nous et à profiter des nombreux concerts gratuits, feux d'artifices et autres spectacles des olympiades culturelles qui accompagnes les Jeux. Sur Grandville Island va se trouver "la place de la francophonie" avec justement la maison suisse et plein de spectacles et concerts mettant le français à l'honneur (la langue française est une bataille de chaque jour dans ce grand pays qui se veut bilingue). Le Québec va être à l'honneur et on a déjà hâte d'aller voir "Mes Aieux", "Les Cowboys fringants", " les 3 accords", Garou et compagnie...
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Richmond : patinage de vitesse


Actuellement, la préoccupation principale à Vancouver, c'est la température... Il fait environ 10°c depuis quasi un mois et les montagnes environnantes font grises mines au propre comme au figuré. A Cypress Mountain, les grands moyens sont en œuvre. La station a fermé ses portes au public il y a deux semaines, bien avant la date prévue. Ils sont en train de rassembler la neige des montagnes environnantes par trax, mais aussi par hélicoptère! Il la protège avec des bâches pour ne pas qu'elle fonde... Opérations à coût de millions pour l'or blanc ! Paraît que c'est la faute à El Niño...




Cypress Mountain (mais pas en ce moment...) : snowboard et ski acrobatique.


Vancouver : Cérémonies, hockey, patinage, curling, short track.

11 janvier 2010

Doux hiver...

L'hiver se fait très doux par ici. Plus doux que la normale... donc très très doux après deux hivers québecois. Les températures sont montées jusqu'à 11 degrés cette semaine de quoi sortir les vélos sans paraître plus bizarres que ceux qui vont en ski de fond, d'ailleurs les plus bizarres, eux, étaient en planche à voile...




A J-31 avant les JO, une vague de froid serait bien appréciable... Il pleut (et ce quasi tous les jours !) jusqu'à 1500m et la neige disparaît à vue d'oeil. Cypress Mountain (snowboard et ski acrobatique) a bien mauvaise allure. Neige de printemps et taches d'herbe.


Cypress dans de meilleures conditions au mois de novembre qu'au mois de janvier !


Quant à Whistler, la neige continue à tomber en masse, du moins dans la partie supérieure (le village, à 600m, est sous la pluie aussi, bien qu'à l'intérieur des terre, la limite pluie-neige soit moins élevée). Bref, la poudre est là quelque part, mais il faut aller la chercher tellement haut qu'on commence à envisager l'hélico...


Whistler, sommet des pistes !

22 décembre 2009

Merry Christmas and Happy New Year

L' Inukshuk de Whistler Peak

Pour le temps des fêtes, quelques images hivernales de Whistler et de la la chaîne cotière des Rockies. On a pas le temps d' écrire tout un roman car on va bientôt prendre notre avion pour la Suisse, mais quand même on vous souhaite à tous un Joyeux Noël et all the best for 2010 !


Whistler, backcountry area


La Coast Mountain Range, un petit air de Suisse avec la mer de brouillard...

6 décembre 2009

Backcountry skiing

Le soleil rayonne depuis plus d'une semaine ! Impossible de ne pas sortir les peaux, même si on sait que la poudre ne sera pas au rendez-vous. On en a déjà fait la constatation il y a une semaine lors de notre première sortie en rando; une belle croute glacée jusqu'à plus de 2000m (et il est difficile de monter plus haut par ici). La pluie puis le froid ont eu raison de la belle neige tombée à mi-novembre, mais tant pis le soleil est là et l'appel de la montagne se fait sentir. On s'en va pour notre premier weekend en cabane, la "Elfin Lake hut".


Samedi matin 6h, première étape de la journée; le Starbuck, le roi du petit déjeuner rapide, puis direction le Garibaldi Park. La grimpette du samedi est plutôt tranquille, 3 heures pour rejoindre notre petite hutte. Mais pas envie de traîner puisque les places sont comptées ! 30 lits et pas de réservation possible. Premier venu, premier servi. Pas de souci, on a eu notre lit, du temps en masse pour faire de la lecture, une petite sieste,... et un peu de voc d'anglais : un "sleeping pad" n'est pas un "sleeping bad" et non il n'avait pas de faute d'orthographe dans le livre ! Tant pis on dormira à même le bois.


Le soleil se couche, nos voisins commencent à préparer le souper du soir... "la fondue est prête" lance l'un d'eux... une angoisse profonde surgit au fond de nous. Le fromage, bien sûr si c'est pas moi qui l'ai c'est mon amour... mais quand on est deux à se dire la même chose... on finit avec une boîte de sardine, du pain et un morceau de concombre. La bouteille de blanc... trop la honte pour la boire avec notre repas de misère! Après quelques discussions avec les gens du coin sur les endroits cool pour faire du ski, du cat-ski et de l'héli-ski, il est temps de rejoindre notre lit et son matelas 100% pur bois... pas si pire finalement, surtout quand on regarde par la fenêtre les deux couples qui dorment sous tente!


Debout aux aurores, c'est la grande motive, ou la réjouissance de quitter le lit peut-être, mais nous voilà d'attaque pour "Diamond Head": un sommet à 2000 m d'altitude duquel on peut contempler le "Howe Sound fjord" en contre-bas. Le soleil est toujours de la partie accompagné d'un ciel bleu cristallin, mais un invité inattendu s'est joint à eux: un fucking damn wind en provenance directe de l'Arctique nous transperce. A quelques 400m du sommet, on capitule et on fait demi tour, le vent souffle à nous foutre parterre, le bout du nez a une drôle de couleur blanche...


Leçons du week-end:
1. "Pad" n'est pas égal à "Bag", et la prochaine fois nous prendrons notre sleeping PAD aussi.
2. Les sardines, c'est quand même moins bon qu'une fondue.
3. Eole est un dieu qui mérite tout notre respect par ici, surtout quand il arrive en droite ligne de l'Arctique


15h00... lumière du soir sur Howe Sound

21 novembre 2009

Wet Coast

On savait que ça viendrait, on était prévenu... Mais on se demandait si c'était vraiment si pire... Ben oui, ça l'est ! Maintenant on se demande si c'est possible que ça s'arrête un jour ! Est ce que le soleil existe encore sur cette terre ? Cela fait un mois que le temps d'automne s'est abattu sur la côte Ouest. Il ne pleut pas tous les jours, ni peut-être toute la journée..., mais quand même il tombe beaucoup beaucoup d'eau et c'est vraiment vraiment gris !


Les perturbations venant du Pacifique se succèdent et se ressemblent, du moins pour nous. Mais pour un vrai vancouverois il y a des nuances. Il y a les jours de "heavy rain" que personne n'aime, il y a la "regular rain" qui met du baume au coeur et il y a la "light rain", jour de fête ! Mais en bref, c'est toujours pareil, les perturbations chargées d'humidité du Pacifique viennent heurter les Rocheuses et tout se déversent sur la côte. Les gens d'ici sont passablement habitués, les sportifs s'entrainent sur les terrains détrempés, les voiliers sortent, les bottes de pluie de toutes les couleurs sont très tendance, les cyclistes resemblent à des sacs de plastiques,... Nous ce qu'on aprécie surtout c'est quand ça s'arrête !


Ce qu'on apprécie aussi, c'est que sans s'en être vraiment rendu compte, il a neigé en masse en montagne. Toutes les stations de ski ont ouvert la semaine dernière. Whistler se vante que c'est le "snowiest november ever" avec des records de neige (2m40 de neige à 1600m actuellement, 70 cm en 24h ça fait pas mal en effet). C'est parti aussi pour le ski de fond et la raquette évidemment. Pour la rando, on va attendre un peu puisque la visibilité est passablement faible ces jours... et le danger d'avalanche plutôt fort...

Snowshoes on Mt Seymour

L'éclaircie de la semaine...

La montagne et la côte ; deux saisons différentes

7 novembre 2009

NYC Marathon

« Just do it » allez savoir pour quoi, ce slogan résonnait dans ma tête chaque fois que j’y pensais. Peut-être que c’est l’œuvre du matraquage publicitaire de la marque à la virgule, mais pourtant mes pantoufles portent un nom beaucoup plus inspirant « Anima sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain. Autre incohérence, car quand on s’y attarde, on voit bien que cela n’a rien de sain, ni pour le corps, ni pour l’esprit. Quel esprit sensé traverserait un continent, se lèverait aux aurores pour manger une assiette de pâte sans sauce pour aller rejoindre 43,600 compères sur une île qui n’a rien de paradisiaque.

Cet appel du marathon était plus fort que moi. Il y a plusieurs années que je résiste, j’avais bien failli céder il y a 10 ans, mais une lueur de bon sens avait réussi à me faire retrouver la raison. Cette fois-ci, rien, pas même le H1N1, ou son frère, le virus qui donne à ma chérie une voix de cammioneur, ne veulent me donner un prétexte pour renoncer. Même ma tendinite contractée un mois avant lors de ma dernière longue sortie ne me rappelle pas à l’ordre, cela à l’air d’aller, « pas pire » comme on disait il y a quelques mois, « not too bad » comme on dit maintenant.


Dernier jog dans Central Park

Me voilà donc en route, j’entre dans la station de métro, il est six heures moins dix, outre quelques rares fêtards avinés et fatigués, des humanoïdes étranges se retrouvent, un dossard sur la poitrine, des collants-moulant, une bouteille de Gatorade à la main. A chaque station, ils sont davantage à envahir la rame de métro, ils n’ont pas vraiment l’air heureux, plutôt soucieux, anxieux. Toute les 5 minutes, ils boivent frénétiquement une gorgée de leur précieux liquide comme si cela allait être la dernière. Soudain, dans un même élan, le flot d’humanoïdes en leggings se déverse dans les rues de Manhattan et se dirige inexorablement vers l’Océan et l'embarcadère des Ferry.

Cela pousse, joue des coudes, personne n'a envie de rester à quai. Nous voici sur le Ferry pour Staten Island avec mes frères d’infortune, pas tant que cela tout de même parce que la fortune il en fallait pour gagner son ticket d’entrée à la loterie, puis après pour s’offrir l’inscription, le trajet et l’hébergement dans la ville de tous les superlatifs. Il y en a tout de même certains qui n’ont pas la même chance que nous qui sont là juste pour profiter de la traversée gratuite. L’un d’eux vient s’asseoir à côté de moi, haleine fétide, anorak qui sent l’urine, désolé, de si bon matin, je dois changer de banc… c’est New York, les Etats-Unis, tout est possible et ce SDF au milieu de nantis au collant moulant high-tech et leur breloque Polar ou Garmin au poignet vient me le rappeler. Cent ans plutôt, ils étaient des dizaine de milliers de toues classes sociales à avoir fait le grand saut et embarquer pour le Nouveau-Monde, des rêves plein la tête, ils avaient vu comme moi ce matin-là, cette statue levant le bras pour les accueillir. C’est fou parce que cela semble si loin, mais c’était hier…

Départ : Verrazano bridge.

Mes rêveries s’achèvent en même temps que la traversée. Il est temps de penser à des choses plus terre à terre : pipi – caca. Jusqu’au grand départ, qui ne sera donné que dans deux heures, c’est la préoccupation majeure de l’intégralité des bipèdes qui se retrouvent sur cette île. Je ne sais pas si c’est l’angoisse de perdre quelques secondes ou l’idée de devoir le faire dans une de ces toilettes portable insalubre, mais personne n’a envie de devoir soulager un besoin naturel durant la course.

Les haut-parleurs dictent la marche à suivre comme des sergents major de l’armée Suisse, sauf que c’est en anglais, français, espagnol ou chinois que les ordres sont donnés. Pas en suisse allemand, donc cela fait moins peur. Neuf heure vingt, c’est le moment pour ma vague, la bleue, de se préparer pour le départ. On nous place dans notre box comme des chevaux de course en fonction de nos temps espérés, quelques ruades pour se faire une bonne place, abandon de nos dernières couches vestimentaires superflues au profit des œuvres de charité et on se met en marche pour la ligne de départ, le Verrazano Bridge. L’hymne national résonne, comme avant toute compétition sportive de ce côté-ci de l’Atlantique, puis feu, c’est le départ ! Nous sommes 14’000 dans cette vague à nous élancer vers l’inconnu. Ce n’est pas que le parcours ne soit pas balisé, bien au contraire, la foule est déjà là à la sortie du pont pour nous guider jusque vers Central Park.


C’est notre voyage intérieur qu’il faut gérer, sans boussole ni GPS. Moi, j’ai quand même des balises, je sais que ma chérie m’attend au miles 3, 8, 16 et 24, j’ai pas le droit de me perdre en route, après toutes ces heures où je l’ai abandonnée ou contrainte à m’accompagner me faire la causette en bicyclette, je ne veux pas lui poser un lapin. Pourtant passer la mi-course et le Queensboro Bridge, un col hors-catégorie pour un marathonien, il devient facile de s’égarer. Ces petits riens : cette petite douleur dans le mollet, ce pli dans la chaussette, viennent, à chaque impact sur le sol, frapper à la porte de votre subconscient en lui chuchotant, criant, puis hurlant : « arrête! arrête! arrête! » au fur et à mesure que l’inconfort augmente. Aujourd’hui, il est si facile de rester dans sa zone de confort, bien au chaud dans sa grosse voiture climatisée, on passe au drive-in pour se commander un ca… une boisson brunâtre surdimensionnée et un Bagel. Le soir, c’est la pizza ou le fish and chips qui se font livrer directement dans notre assiette, et quand on a besoin d’un petit peu d’évasion, un bon petit DVD.

Je pense à tout cela pendant que je cours, je refais le monde, c’est ma technique pour détourner mon esprit des petits tracas qui finissent tôt ou tard par arriver, mais je suis déjà dans le Bronx, je tiens mon rythme de croisière, 5 minutes au kilomètre, 8 minutes au miles, alors qu’on vire à 180 degré pour enfin mettre le cap sur Central Park, le parc de la délivrance. C’est dur parce que chacun de mes muscles est tétanisé, parce que chaque bosselette est une montagne, mais le compte à rebours est en marche, chaque pas me rapproche du but et la plupart de ceux qui m’accompagnent ont l’air bien plus mal en point que moi.

Quarantième kilomètre, quarantième rugissant, car on est maintenant dans Central Park, c’est du délire, la foule ondule pour laisser passer ces accros du bitume au bord de l’agonie. Parmi tous ces inconnus, un visage qui m’est familier : «Yes Caro, I am doing it ». Pour être sûr d’épuiser le dernier soupçon d’énergie qui pourrait nous rester, la ligne d’arrivée est au sommet d’une dernière bosse, mais c’est bon, la voici : 3h 28min 47s. I did it !


Pour qui, pour quoi, … pour soi, pour le plaisir, le rêve, le défi, l'envie d'aller plus vite, plus loin, plus haut. C'est un peu pour la même raison qu'il y a deux ans et demi nous avons quitté la Suisse, pour découvrir un autre monde, d'autres cultures, une nouvelle langue, d'autres défis. On a choisi de vivre nos rêves plutôt que de rêver notre vie. Maudit chanceux qu'on est de pouvoir faire cela!

Voilà pour le récit historico-philosophico-sportif de ma course, le plus long article sur ce blog à ce jour, le dernier en ce qui me concerne puisque Carole me confisque le clavier et me dit d'aller écrire un livre à la place.

17 octobre 2009

Mountain bike

Parlons un peu mountain bike, un sport un peu différent sur la West Coast...






La côte Ouest est connue pour être le berceau du mountain bike freeride ou extreme. Pas celui qu'on aurait choisi en premier lieu, mais finalement on y trouve notre compte sur les sentiers verts ou bleus (comme les pistes de ski... sauf qu'en ski on fait volontier une piste noire double diamond alors qu'en vélo on se tuerait !). On pédale aussi volontier sur les double tracks (chemins blancs) alors qu'ici les riders trouvent cela beaucoup trop borring...








Avouons que de plus en plus, le but de chaque sortie est de se faire quelques passerelles au passage...











On trouve des sentiers un peu partout, mais la North shore (north Vancouver), Squamish, Whistler, la Sunshine coast et l'Okanagan Valley restent les endroits les plus mythiques. Là, des gens s'occupent de construire les sentiers (passerelles, sauts, virages relevés), plus fous les uns que les autres. Ils créent tout un réseau de pistes cartographiées, leur donnent des noms et des cotations. Plus qu'à créer son propre itinéraire avec des sentiers verts ou bleus (pour moi) quelques tronçons noirs (pour Yvan) et des double tracks pour monter voir la vue !

On monte pas que pour la vue, la descente en vaut toujours la chandelle. Et si on reste parfois bloquer sur certains obstacles...


C'est simplement parce qu'on a pas commencé assez tôt !

En exclusivité pour vous, la dernière vidéo freeride dont tout le monde parle sur la West Coast ;-)


Biking in Heaven
Uploaded by CaroYvano. - Discover the latest sports and extreme videos.

13 octobre 2009

A little bit more about Vancouver

Cela fait 3 mois déjà qu'on est à Vancouver ! On commence a bien connaître la ville et il est temps qu'on vous en dise un peu plus.
Si on veut faire simple, on vous dira simplement que Vancouver, on adore !
On adore par ce que c'est une ville à taille humaine, mais avec tous les avantages d'une grande ville (et oui, on trouve des avantages aux grandes villes maintenant...). Vancouver, c'est trois fois plus petit que Montréal et cinq fois plus grand que Lausanne. C'est une scénique city avec son centre ville entouré par les eaux et aux pieds des montagnes à la fois. L'océan à 2 minutes, les montagnes à 25 minutes, ça explique pas mal pourquoi on aime. Mais, Vancouver s'est aussi un mélange de buildings, de maisons en bois au charme canadien et d'arbres. Downtown Vancouver est quasiment plus impressionnant que le centre ville de Montréal car ici tout s'est construit en hauteur par manque de place entre les montagnes et l'océan. C'est pourquoi la ville se fait appellée parfois glass city; la cité de verre.


Cliquez sur la photo pour visiter Vancouver

Vancouver

29 septembre 2009

Sunshine Coast

Au nord de Vancouver se trouve une côte au nom bien prometteur, la Sunshine Coast. Cette dernière est accessible en ferry seulement, elle est découpée de fjords et de petites îles, et paraît-il jouit d'un microclimat particulier... Elle marque la fin de la civilisation le long de la côte puisqu'il n'y a ensuite aucune route jusqu'à Prince Rupert et la frontière avec l'Alaska.

Rien de tel qu'un weekend de vtt pour découvrir cette belle région. Et oui, on se remet avec plaisir au vélo par ici. Cela fait quelques weekend qu'on pédale et qu'on s'éclate sur les jolis singles trails avec nos nouvelles montures. Je découvre enfin les joies d'un tout suspendu et Yvan s'en donne à coeur joie sur les bim-bam et passerelles en tous genres (le mountain bike est presque un autre sport par ici... ça méritera même un descriptif plus précis! à suivre...).


Malgré tout, il faut quand même pédaler pour mériter ces paysages somptueux et je serre un peu les dents pendant qu'Yvan, avec son entraînement de marathonien, joue les apollons du VTT.

Et puis que demander de plus qu'une belle terrasse au bord de l'eau pour savourer pleinement le microclimat de la sunshine coast avant l'arrivée de l'automne.