



Clichés…
Vous les connaissez puisque avec les JO vous y avez sûrement eu droit à toutes les sauces. Maintenant que le compte à rebours à commencer et qu’il a même sérieusement tendance à s’accélérer, il est temps de faire les comptes pour nous.
Le Hockey c’est fait, on a quelques match de NHL à notre actif aussi bien à l’Ouest qu’à l’Est. Le traîneau à chien et la motoneige aussi, nous avons sillonné des dizaines de km à travers les étendues sauvages du Nord-Québecois. Les -30°, c’est fait, mais cela fait déjà un bout de temps, on se rappelle même plus comment ça fait vu que cet hiver, on a passé sous le point de congélation qu’à 2-3 reprises avant noël.
Restait l'héliski... depuis 2 ans et demi que cela nous trottait dans la tête, le prix, l'éloignement nous avait refroidi, mais cette fois, à peine 1000 km de route, bientôt temps de solder notre compte bancaire canadien… plus possible d’y renoncer.
En route pour les Rocheuses! Que Saint-Subaru soit avec nous…
Sur le trajet qui est magnifique, on se rend vite compte que nous devrons aussi compter sur la bienveillance du Dieu de la Neige… vous vous en êtes aperçu il y a quelques semaines, cet hiver a été très clément et pas très enneigé. Heureusement, une dernière livraison a eu lieu il y a une semaine, alors on garde espoir.
Le premier jour, on se réveille un peu avec la gueule de bois… Carole à la mauvaise idée de consulter le website météo et de découvrir que 2 Français sont morts la veille dans une avalanche en train de faire de l’héliski à une centaine de kilomètres de là… ensuite lors du briefing, on nous apprend comment monter et descendre de l’hélico sans se faire couper la tête, comment briser la fenêtre et couper l’alimentation en carburant lors d’un crash… et pour garnir le tout, il neige, le ciel est bouché… Heureusement, nos incantations ont été entendues pour le reste de la semaine.
La stabilité du manteau neigeux ne nous a pas permis d’aller taquiner les pentes les plus vertigineuses, mais bon… on préférait rester en vie et se régaler de poudreuse, de soleil et de fun… sur plus de 25'000 m de déni en 3 jours et demi, pas pire ! De plus, nous le petit couple Suisse SDF avons été pris sous l’aile d’un buisnessman torontois (qui avait compris que la tirelire était cassée) et qui partageait quotidiennement, avec nous et ses amis, les bonnes bouteilles de la cave du lodge pour accompagner les bons petits repas, pas pire…
Pour le retour, on a pris le chemin des écoliers, histoire d’ajouter un autre des must du Canada à notre carnet de route: la Icefield Parkway, ou route des glaciers, qui chemine entre 1500 à 2000m d'altitude entre d’impressionnant pics qui laissent apprécier le fameux processus géologique de la sédimentation cher à Carole (j'avais oublié que j'avais marié une géographe Dr ès sédimentation...) et des glaciers majestueux. A couper le souffle!
Et nous revoici chez nous, Saint-Subaru a été avec nous… le levier de vitesse ne s’est « dévissé » que 3 jours après notre retour !
Cliquer sur la photo pour en voir plus des Rocky Mountains.
Mt Rohr, Duffey Lake area
Les possibilités ne manquent pas, mais la Colombie Britannique c'est immense et sauvage ! Les villages dans les montagnes se comptent sur les doigts d'une main, comme les randonneurs qu'on croise ! Il y a très peu de cabanes, et quand il y en a, le mot cabane prend tout son sens et les cabanes Suisses passent pour des palaces. Les approches peuvent être vraiment longues et la seule façon d'y remédier et de camper ou de faire une partie en motoneige (non, je n'ai pas cédé aux argument d'Yvan pour l'achat d'une moto-neige!). Bref, tout est un peu plus compliqué...
Decker Mountain, Whistler area
Pour palier aux difficultés, on a rejoint le BCMC (British Columbia Mounteraining Club) et surtout on a décidé de devenir "moderne" en s'achetant un GPS. Mais par contre, on n'a pas franchi le pas de l'overnight trip à la canadienne...
En direction de Cayoosh Mountain avec le BCMC
On the top of Cayoosh, Duffey Lake area
Comme disait un grand sage ; "La montagne est belle, mais elle est dure !" et il nous arrive parfois de nous égarer un peu de l'itinéraire voulu, de devoir faire quelques acrobaties sur le parcours ou encore de devoir renoncer au sommet (par cause de mauvais temps, de vent trop violent ou autre).
Pris dans les méandres de Joffre creek au retour de Cassiope Peak qu'on n'a jamais atteint à cause du mauvais temps qui s'est levé plutôt que prévu.
Pour notre part, l'expérience olympique à débuté avant l'heure avec la répétition générale de la cérémonie d'ouverture. Spectacle magnifique, même si on a eu droit à une heure de défilé des athlètes, mais sans les athlètes...
Le prochain rendez-vous était à Cypress Mountain pour le boardercross féminin et on a bien failli ne pas y aller car 4000 billets debout ont été annulés à la dernière minute (dont les nôtres...) en raison du terrain trop humide. Heureusement après quelques heures scotché derrière nos ordi, on a trouvé un revendeur hônnete de places dans les gradins. C'est sous une pluie à boire debout qu'on quitte Vancouver de bon matin (6h!) car on doit être sur le site de compétition 2-3 heures avant l'évènement. Arrivé à Cypress, la pluie se calme, mais le brouillard est à couper au couteau. Le départ sera repoussé de 2 heures, le temps de repèrer les autres supporters suisses dont ceux avec un accent bien familier venus encourager Melie et Olivia (de la Tchaux bien entendu !)
Quelques heures avant le départ, on peine même à voir l'écran géant...
La journée est forte en émotions. Le fait d'être sur place, de connaîtres deux athlètes et de vibrer aux côtés des supporters directs de Melie (sa famille, sa coach mental, son osteo,...) déculpe la joie et... la décéption aussi. Après 3 runs magnifiques avec de loin le plus beau style, c'est le hic, la fraction de seconde qui ruine le rêve olympique d'un athlète. L'ambiance baisse d'un ton dans le fan's club..., mais on continue de sautiller Olivia est en finale et à l'arrache gagne sa médaille ! Mais, on les aurait tellement vu les deux en finale... En ce qui concerne la championne olympique (puisqu'on s'est quand même fait aussi un petit drapeau canadien sur une des joues...), elle habite à North Vancouver.
Melie avant la compétition et sur le dernier jump de folie (au moins 3 mètres de haut !)
Ensuite direction la Canada Hockey Place pour encourager l'équipe de Suisse jouant contre la Norvège. Après un super macht contre le Canada (on aurait bien voulu leur clouer le bec, mais tant pis), le match contre la Norvège fut bien difficile. Victoire en prolongation et la suite demain à midi contre la Biélorussie. Grâce à un de ces collègues Yvan va les encourager et voir peut-être enfin les Suisses aller en quart de finale !
Canada Hockey place
Encore 6 jours de folie et puis il sera temps qu'on se repose nous aussi. Les Jeux, ça fatigue entre TV, concerts, et autres "party" en ville ou à la maison, il est bien difficile de se lever pour aller bosser ces derniers matins...
Et pendant qu'ils essaient d'aller encore plus haut, plus loin et plus vite, il y en a un qui a misé sur le PLUS TÔT !
Pour plus de photos des JO, cliquez sur le lien en haut à droite du blog (les coulisses des jeux).



Callagan valley : Ski de fond, biathlon et saut à ski
Pour notre part, on est ready, on a visité quasi tous les sites olympiques, du ski de fond dans la magnifique Callagan valley au patinage de vitesse sur l'anneau de Richmond (on n'a pas rigolé sur ces patins à longue lames plates, on avait l'air de vrais débutants). On a été assez chanceux et on a nos billets en poche (boardercross, match de hockey et cérémonie de remise de médaille) de Lambiel. On est prêt à fêter les médaille suisses à la "house of Switzerland" non loin de chez nous et à profiter des nombreux concerts gratuits, feux d'artifices et autres spectacles des olympiades culturelles qui accompagnes les Jeux. Sur Grandville Island va se trouver "la place de la francophonie" avec justement la maison suisse et plein de spectacles et concerts mettant le français à l'honneur (la langue française est une bataille de chaque jour dans ce grand pays qui se veut bilingue). Le Québec va être à l'honneur et on a déjà hâte d'aller voir "Mes Aieux", "Les Cowboys fringants", " les 3 accords", Garou et compagnie...
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Richmond : patinage de vitesse
Actuellement, la préoccupation principale à Vancouver, c'est la température... Il fait environ 10°c depuis quasi un mois et les montagnes environnantes font grises mines au propre comme au figuré. A Cypress Mountain, les grands moyens sont en œuvre. La station a fermé ses portes au public il y a deux semaines, bien avant la date prévue. Ils sont en train de rassembler la neige des montagnes environnantes par trax, mais aussi par hélicoptère! Il la protège avec des bâches pour ne pas qu'elle fonde... Opérations à coût de millions pour l'or blanc ! Paraît que c'est la faute à El Niño...

Cypress Mountain (mais pas en ce moment...) : snowboard et ski acrobatique.

Vancouver : Cérémonies, hockey, patinage, curling, short track.
Cypress dans de meilleures conditions au mois de novembre qu'au mois de janvier !
Quant à Whistler, la neige continue à tomber en masse, du moins dans la partie supérieure (le village, à 600m, est sous la pluie aussi, bien qu'à l'intérieur des terre, la limite pluie-neige soit moins élevée). Bref, la poudre est là quelque part, mais il faut aller la chercher tellement haut qu'on commence à envisager l'hélico...
Whistler, sommet des pistes !
La Coast Mountain Range, un petit air de Suisse avec la mer de brouillard...
Leçons du week-end:
1. "Pad" n'est pas égal à "Bag", et la prochaine fois nous prendrons notre sleeping PAD aussi.
2. Les sardines, c'est quand même moins bon qu'une fondue.
3. Eole est un dieu qui mérite tout notre respect par ici, surtout quand il arrive en droite ligne de l'Arctique
15h00... lumière du soir sur Howe Sound
Les perturbations venant du Pacifique se succèdent et se ressemblent, du moins pour nous. Mais pour un vrai vancouverois il y a des nuances. Il y a les jours de "heavy rain" que personne n'aime, il y a la "regular rain" qui met du baume au coeur et il y a la "light rain", jour de fête ! Mais en bref, c'est toujours pareil, les perturbations chargées d'humidité du Pacifique viennent heurter les Rocheuses et tout se déversent sur la côte. Les gens d'ici sont passablement habitués, les sportifs s'entrainent sur les terrains détrempés, les voiliers sortent, les bottes de pluie de toutes les couleurs sont très tendance, les cyclistes resemblent à des sacs de plastiques,... Nous ce qu'on aprécie surtout c'est quand ça s'arrête !
Ce qu'on apprécie aussi, c'est que sans s'en être vraiment rendu compte, il a neigé en masse en montagne. Toutes les stations de ski ont ouvert la semaine dernière. Whistler se vante que c'est le "snowiest november ever" avec des records de neige (2m40 de neige à 1600m actuellement, 70 cm en 24h ça fait pas mal en effet). C'est parti aussi pour le ski de fond et la raquette évidemment. Pour la rando, on va attendre un peu puisque la visibilité est passablement faible ces jours... et le danger d'avalanche plutôt fort...
Snowshoes on Mt Seymour
L'éclaircie de la semaine...
La montagne et la côte ; deux saisons différentes
Dernier jog dans Central Park
Me voilà donc en route, j’entre dans la station de métro, il est six heures moins dix, outre quelques rares fêtards avinés et fatigués, des humanoïdes étranges se retrouvent, un dossard sur la poitrine, des collants-moulant, une bouteille de Gatorade à la main. A chaque station, ils sont davantage à envahir la rame de métro, ils n’ont pas vraiment l’air heureux, plutôt soucieux, anxieux. Toute les 5 minutes, ils boivent frénétiquement une gorgée de leur précieux liquide comme si cela allait être la dernière. Soudain, dans un même élan, le flot d’humanoïdes en leggings se déverse dans les rues de Manhattan et se dirige inexorablement vers l’Océan et l'embarcadère des Ferry.
Cela pousse, joue des coudes, personne n'a envie de rester à quai. Nous voici sur le Ferry pour Staten Island avec mes frères d’infortune, pas tant que cela tout de même parce que la fortune il en fallait pour gagner son ticket d’entrée à la loterie, puis après pour s’offrir l’inscription, le trajet et l’hébergement dans la ville de tous les superlatifs. Il y en a tout de même certains qui n’ont pas la même chance que nous qui sont là juste pour profiter de la traversée gratuite. L’un d’eux vient s’asseoir à côté de moi, haleine fétide, anorak qui sent l’urine, désolé, de si bon matin, je dois changer de banc… c’est New York, les Etats-Unis, tout est possible et ce SDF au milieu de nantis au collant moulant high-tech et leur breloque Polar ou Garmin au poignet vient me le rappeler. Cent ans plutôt, ils étaient des dizaine de milliers de toues classes sociales à avoir fait le grand saut et embarquer pour le Nouveau-Monde, des rêves plein la tête, ils avaient vu comme moi ce matin-là, cette statue levant le bras pour les accueillir. C’est fou parce que cela semble si loin, mais c’était hier…
Départ : Verrazano bridge.

C’est notre voyage intérieur qu’il faut gérer, sans boussole ni GPS. Moi, j’ai quand même des balises, je sais que ma chérie m’attend au miles 3, 8, 16 et 24, j’ai pas le droit de me perdre en route, après toutes ces heures où je l’ai abandonnée ou contrainte à m’accompagner me faire la causette en bicyclette, je ne veux pas lui poser un lapin. Pourtant passer la mi-course et le Queensboro Bridge, un col hors-catégorie pour un marathonien, il devient facile de s’égarer. Ces petits riens : cette petite douleur dans le mollet, ce pli dans la chaussette, viennent, à chaque impact sur le sol, frapper à la porte de votre subconscient en lui chuchotant, criant, puis hurlant : « arrête! arrête! arrête! » au fur et à mesure que l’inconfort augmente. Aujourd’hui, il est si facile de rester dans sa zone de confort, bien au chaud dans sa grosse voiture climatisée, on passe au drive-in pour se commander un ca… une boisson brunâtre surdimensionnée et un Bagel. Le soir, c’est la pizza ou le fish and chips qui se font livrer directement dans notre assiette, et quand on a besoin d’un petit peu d’évasion, un bon petit DVD.
Je pense à tout cela pendant que je cours, je refais le monde, c’est ma technique pour détourner mon esprit des petits tracas qui finissent tôt ou tard par arriver, mais je suis déjà dans le Bronx, je tiens mon rythme de croisière, 5 minutes au kilomètre, 8 minutes au miles, alors qu’on vire à 180 degré pour enfin mettre le cap sur Central Park, le parc de la délivrance. C’est dur parce que chacun de mes muscles est tétanisé, parce que chaque bosselette est une montagne, mais le compte à rebours est en marche, chaque pas me rapproche du but et la plupart de ceux qui m’accompagnent ont l’air bien plus mal en point que moi.
Quarantième kilomètre, quarantième rugissant, car on est maintenant dans Central Park, c’est du délire, la foule ondule pour laisser passer ces accros du bitume au bord de l’agonie. Parmi tous ces inconnus, un visage qui m’est familier : «Yes Caro, I am doing it ». Pour être sûr d’épuiser le dernier soupçon d’énergie qui pourrait nous rester, la ligne d’arrivée est au sommet d’une dernière bosse, mais c’est bon, la voici : 3h 28min 47s. I did it !
Pour qui, pour quoi, … pour soi, pour le plaisir, le rêve, le défi, l'envie d'aller plus vite, plus loin, plus haut. C'est un peu pour la même raison qu'il y a deux ans et demi nous avons quitté la Suisse, pour découvrir un autre monde, d'autres cultures, une nouvelle langue, d'autres défis. On a choisi de vivre nos rêves plutôt que de rêver notre vie. Maudit chanceux qu'on est de pouvoir faire cela!
Voilà pour le récit historico-philosophico-sportif de ma course, le plus long article sur ce blog à ce jour, le dernier en ce qui me concerne puisque Carole me confisque le clavier et me dit d'aller écrire un livre à la place.